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vendredi 10 avril 2015

Le projet de zone commerciale de Puyvert retoqué pour la deuxième fois en CNAC

Et un ... et DEUX ...  !

C'est officiel, pour la deuxième fois, la CNAC (Commission Nationale d'Aménagement Commercial), réunie ce 08 avril 2015 à Paris, a fait savoir qu'elle refusait sur Puyvert le projet de zone commerciale de plus de 10 000 m2 de bâti sur plus de 4,2 ha au sol. 

Et un ... et deux ... et TROIS !

C'est en effet une troisième victoire en matière d'aménagement commercial que remportent ainsi les associations de défense de l'environnement, les commerçants et associations de défense des commerçants : nous vous l'annoncions le 25 novembre dernier, le Conseil d’État leur a également donné raison en confirmant le premier refus du projet par la CNAC en juin 2013.

Mais leur combat les a amenés aussi à contester le PLU ayant eu pour but de créer la zone à urbaniser permettant ce projet pharaonique en plein Parc Naturel Régional du Luberon, à 2,5 km de tout village et qui consommerait 2,7 ha de terres agricoles irriguées et classées en AOC.
Et le 06 décembre 2013, une décision du Tribunal Administratif de Nîmes ramenait la commune de Puyvert au POS. 

Un ... deux ... trois ... et QUATRE donc ! "Mais c'est pas fini !..." 

Le SCoT Sud Luberon (Schéma de Cohérence Territoriale) approuvé en février 2014 était lui-aussi contesté par le Préfet de Vaucluse et plusieurs associations : il a été annulé le 1er octobre 2014 pour mettre un terme à tous ces recours. Depuis, un nouveau SCoT est en cours d'élaboration.

Au vu de ces CINQ victoires, la protection de l'environnement, du cadre de vie et, en particulier, de la vie des villages autour de commerces et de métiers vivants - non pas seulement de boutiques ou de galeries dédiées à des touristes en quête de clichés sur le Luberon - mais également la préservation des paysages et de l'activité agricole dans le Sud Luberon ainsi que la nécessaire prise en compte d'un développement durable dans les projets d'aménagement du territoire ... tous ces arguments ont manifestement rencontré un écho favorable au-delà de la commune.

Sans faire de triomphalisme, et bien conscients qu'une victoire gagnée - même supplémentaire - ne fait pas remporter la guerre (Charles de Gaulle), les citoyens et associations qui portent ces convictions et luttent contre les abus ayant valu à ce projet de zone commerciale d'être canardé au niveau national (voir l'article du Canard Enchaîné dans notre dernier post) voient dans ces cinq victoires successives une récompense de leur ténacité et de leur détermination.

Nous ne manquerons pas de publier ici la décision complète de la CNAC lorsqu'elle sera disponible mais, pour l'heure, nous sommes heureux de jouer notre rôle d'informateurs auprès des nombreux Puyverdans contents de trouver sur ce blog des informations fiables là où, en mairie ou ailleurs dans le village, ont cours la désinformation, les secrets ou les rumeurs plus ou moins bien orchestrés ... quand ce n'est pas tout simplement un arrêt sur image prolongé, comme cette "bonne nouvelle" laissée à dessein depuis plus de 4 mois en page d'accueil du site de la mairie.


"Bonne nouvelle ? " ....

Puyvert Info n'a visiblement pas la même notion de l'actualité que l'équipe municipale qui croit pouvoir faire disparaître, en quelques phrases, une décision du Conseil d’État du fait que le projet ne serait plus d'actualité.

Comment ose-t-elle l'écrire alors que cela fait plus de quatre ans que ce projet de zone commerciale fait malheureusement l'actualité des Puyverdans (quand pourrons-nous enfin penser - et vivre - Puyvert autrement ?) et qu'il y a fort à parier que cela ne s'arrête pas aujourd'hui malgré ce second refus de la CNAC ?

Pour Puyvert Info et pour tous les opposants au projet, tant qu'elle ne sera pas définitivement annulée et empêchée, cette zone commerciale restera d'actualité. C'est aussi une bonne nouvelle !

dimanche 22 février 2015

Le projet de zone commerciale de Puyvert au regard de la bulle de l'immobilier commercial

Aux yeux de beaucoup, le projet de zone commerciale de Puyvert reste disproportionné, injustifié, déplacé et déraisonnable ... là où il est envisagé (sur 4,2 ha de terres agricoles et à 2,5 km de tout village) ... et, surtout, dans la conjoncture actuelle (crise économique, baisse du pouvoir d'achat, guerre des prix entre marques de la grande distribution, précarité des emplois, désertification commerciale des cœurs de ville et de village).

Les décisions de justice rejetant ce projet et admettant les recours de ses opposants - que ce soit de la CNAC le 06 juin 2013 ou du Conseil d’État le 24 novembre 2014 - n'ont pas ramené à la raison les porteurs du projet qui, dès le 2 décembre 2014, n'hésitaient pas à représenter leur dossier devant la CDAC (Commission Départementale d'Aménagement Commercial) où, contre toute attente, ils obtenaient un avis ... favorable !

Nos élus locaux (commune, communauté de communes) ne manquent pas une occasion de soutenir ce projet - coûte que coûte - et même le SCoT Sud Luberon (Schéma de Cohérence Territoriale) de nouveau en élaboration, suite à son annulation en octobre dernier, persiste à vouloir inscrire ce projet ... comme stratégique ... et à cet endroit. 

Pourquoi un tel acharnement de la part de nos élus ? ... Comment l'expliquer (faute de le comprendre) ?

La réponse est certainement dans l'analyse que nous livre cet article récent de Franck GINTRAND, Directeur général de Global Conseil (Portrait disponible ici), et qu'ont relayé des journaux très sérieux comme Le Monde mais également le web (lire en particulier ici).

Quand la bulle de l'immobilier commercial va éclater
Nous avons retenu ici la version publiée dans la section Économie du Monde ce 18 février sous le titre : « Attention à la prolifération des zones commerciales ».

La zone commerciale de Plan-de-Campagne à Cabriès (Bouches-du-Rhône), en novembre 2011.
(image: la-zone-commerciale-de-plan-de-campagne)
Extrait :
Les créations de surfaces commerciales ont chuté de 20 % en 2014, a annoncé, en début d’année, la fédération professionnelle du secteur, Procos. Une chute cependant très relative, puisque 5,1 millions de mètres carrés ont quand même été autorisés. Et 6 autres millions de mètres carrés ont déjà été prévus.
Des chiffres qui donnent le tournis, surtout lorsqu’on les rapporte à la baisse du taux de fréquentation des centres commerciaux. Si les constructions se poursuivent à ce rythme, « le parc de surfaces commerciales devrait présenter un surplus de 30 à 40 millions de mètres carrés » d’ici à 2020, toujours selon Procos.
Pour lire la suite, cliquer sur ce lien.

La lecture de cet article sera pour les opposants au projet de zone commerciale à Puyvert un moment de totale gourmandise - tant il est délicieux de lire sous la plume d'experts et de consultants des éléments d'analyse pointés depuis longtemps, ici, dans les différents recours engagés ! 

Elle devrait permettre surtout d'éclairer les esprits de ceux qui, à Puyvert et ailleurs, boivent comme du petit lait la présentation que les porteurs de projet, le maire et ses alliés leur font de ce projet ... projet soigneusement appelé "agrandissement", "mise aux normes" ou "embellissement" du Super U actuel, là où il est question de tout autre chose (cf. le dernier dossier présenté en CDAC ce 2 décembre 2014) ... et sans logique territoriale avérée.


Comment ne pas jubiler à voir aussi bien démonté un système dont Franck GINTRAND nous permet de comprendre le fonctionnement, en lien direct avec la mauvaise santé financière des communes ... la course en avant des promoteurs engagés dans une spirale infernale pour gonfler leurs bilans ...  la logique économique de propriétaires et gestionnaires de petits supermarchés, plus intéressés à changer de métier en devenant bailleurs commerciaux via une zone commerciale qu'à augmenter leur surface de vente.

Quand la bulle spéculative à laquelle chacun aura, à sa mesure, contribué se sera éclatée, les associations de défense locales et les opposants locaux au maire actuel seront peut-être - et enfin ! - moins montrés du doigt et un peu plus considérés. 

... Il sera malheureusement certainement trop tard pour corriger les dégâts causés par cette course dans le mur.

A lire également du même auteur sur le même sujet : la guerre des zones commerciales

dimanche 14 septembre 2014

Les pièges d'un faux-direct à l'antenne de France Bleu Vaucluse

A 07:55, chaque matin de la semaine sur France Bleu Vaucluse, Philippe Garcia pose la question à un maire du département "Comment ça va Monsieur le maire ? " en espérant recueillir à la suite quelques confidences.

Ce lundi 8 septembre, c'était au maire de Puyvert que la question était posée. (Cliquer ici pour réentendre l'émission.)

"... Un maire très en colère" lançait Philippe Garcia en introduction. Tout comme un peu plus tôt, l'animateur du 6-9, cette fois, qui précisait que le maire de cette petite commune était "très en colère contre les services de l'Etat "(sic).

... Mais la radio réserve quelques pièges qui sont venus télescoper l'effet recherché.
Plusieurs auditeurs Puyverdans s'en étant fait l'écho auprès de notre rédaction, il nous a semblé que ce court passage sur les ondes méritait un post, ne serait-ce que pour préciser et rectifier un certain nombre de points. 

Précisions

  • Les risques du différé : quand l'actualité fait des siennes

    Il faut savoir que, même si l'illusion d'un direct est parfaitement donnée à l'antenne par Philippe Garcia, les interviews de ses émissions sont enregistrées.

    Et le déroulement de cette journée du 8 septembre allait précisément réserver une actualité CNAC (Commission Nationale d'Aménagement Commercial) qui allait se révéler particulièrement décalée par rapport aux propos de M. Sébastien VINCENTI le matin-même.

    En effet, quelques heures plus tard - en fin de matinée, très exactement, les pétitionnaires du projet de la zone commerciale de Puyvert autour du Super U actuel faisaient savoir à la CNAC qu'ils retiraient leur dossier pour lequel ils avaient reçu en mai dernier un avis favorable de la CDAC (Commission Départementale d'Aménagement Commercial) mais pour lequel  - suite au recours en CNAC lancé par les services de l’État pour le Préfet et par plusieurs associations et personnes physiques - venait d'être fixée une audience en "Commission nationale" (sic).

    QUAND ? ... juste deux jours plus tard, le 10 septembre à 11:30.
    M.VINCENTI en avait été prévenu dans les tout premiers jours de septembre puisque lui-même était convoqué à cette audience de la CNAC.

    Mais voilà, il y a 151 maires dans le Vaucluse et un maire ne choisit pas forcément le jour où passera à l'antenne l'enregistrement au cours duquel il a répondu au matinal "Comment ça va Monsieur le Maire ?" de Philippe Garcia.

    Et c'est ainsi que l'on peut se retrouver piégé :
  • à afficher sur les ondes une volonté sans faille ("on ira jusqu'au bout, ... on attend maintenant la commission nationale" (sic) ) ... le jour-même où, auprès de cette commission précisément, subitement et sans donner la moindre raison, on recule ;
  •  et à  exprimer un espoir "d'aller beaucoup mieux" (sic) une fois que le projet sera passé en "commission nationale"...  alors que les pétitionnaires, eux-mêmes, renoncent à l'examen de leur dossier en CNAC et à la décision favorable qu'ils en attendent...  juste quelques heures plus tard.

    Un vrai casse-pipe radiophonique que cette diffusion en différé - ce jour-là - sur France Bleu Vaucluse !
    Heureusement M.VINCENTI a été interrompu par Philippe Garcia avec un encourageant "Bonne journée Monsieur le Maire !"
  • Une colère en deux minutes et pas plus
    L'autre écueil que n'a pas su éviter M.VINCENTI c'est que deux petites minutes, c'est vraiment pas beaucoup pour exprimer les raisons d'une colère que n'auront probablement pas compris les auditeurs, d'autant que l'élocution reste ici toujours aussi approximative et que le sujet du SCOT aurait certainement mérité plus de temps.
    Nous-mêmes prendrons le temps de le faire sur la page réservée au SCOT sur notre site.

Correctifs

  • A propos du découpage territorial du Vaucluse

    Le "canton de Cadenet et Puyvert" (sic) n'a jamais existé autrement que dans la mention fantaisiste et éphémère qu'en fait M.VINCENTI lors de cette interview sur France Bleu Vaucluse.
    S'agissait-il lundi matin d'une erreur volontaire pour redonner plus d'importance stratégique qu'il n'en a au projet d'agrandissement de Super U sur Puyvert ?
    ... Ou d'un lapsus révélateur de la mémoire que le maire de Puyvert garde de ses deux échecs aux cantonales de mars 2004 et mars 2011, quand le canton de Cadenet existait ?

    Quoi qu'il en soit, depuis le nouveau découpage territorial qui est intervenu en février 2014 (voir le décret du 25 février 2014 paru au JO le 28) pour le département de Vaucluse, la question du "canton de Cadenet et de Puyvert" ne se pose plus puisque - depuis 7 mois déjà - Puyvert (tout comme Cadenet d'ailleurs) font partie désormais du canton de Cheval-Blanc qui va de Lagnes à Cucuron.

    Voir l'article 9 du décret cité :
    Le canton n° 8 (Cheval-Blanc) comprend les communes suivantes : Cabrières-d'Avignon, Cadenet, Cheval-Blanc, Cucuron, Lagnes, Lauris, Lourmarin, Maubec, Mérindol, Puget, Puyvert, Robion, Taillades, Vaugines.
    Le bureau centralisateur de ce canton est le bureau centralisateur de la commune de Cheval-Blanc.
  • A propos de l'argument des commerces de village existant depuis 23 ans
    Le maire de Puyvert tente de rassurer l'auditeur en rappelant que depuis 23 ans, des petites supérettes existent dans les villages du Sud Luberon.

    Cela est vrai MAIS :
    • cela ne dit pas toute la difficulté qu'elles rencontrent à survivre à la concurrence du Super U actuel de Puyvert depuis qu'il existe ... et qu'elles subiraient encore plus avec sa nouvelle version ;
    • cela ne dit rien des autres commerces des villages qui seront de plein fouet concurrencés par  les boutiques nouvelles qui s'installeraient sur la zone commerciale envisagée.
  • A propos du recours du Préfet auprès du Conseil d’État
    Plusieurs recours contentieux courent à l'encontre de la commune de Puyvert et il est difficile pour un auditeur non-informé de comprendre le contexte particulier - beaucoup plus limité qu'il n'est apparu à l'antenne dans les mots même de M.VINCENTI - dans lequel la commune a gagné contre le Préfet.

    Aussi, quand M.VINCENTI affirme "On a même gagné contre le Préfet au Conseil d’État puisqu'il nous a amenés jusqu'au Conseil d’État "(sic), il laisse entendre que l'affaire a été jugée au plus haut niveau de la juridiction, ce qui est loin d'être le cas.

    PUYVERT INFO a d'ailleurs eu l'occasion de faire, par deux fois, une mise au point très claire à ce sujet, compte tenu des mêmes interprétations abusives qui pouvaient découler de la façon dont M.VINCENTI communiquait sur ce recours au Conseil d’État :